Spectacles sans objet, Louise Hervé et Chloé Maillet, 2016

Perchman

A travers des textes, des images et des réalisations sonores, l’oeuvre de Louise Hervé et Chloé Maillet Spectacles sans objet explore trois occurrences de performances utopiques anciennes, antérieures au moment moderniste auquel on assigne souvent la naissance de la performance artistique. L’archéologie de la performance est une question contemporaine, notamment dans la mesure où elle s’ancre dans des communautés qui aspirèrent en leur temps à changer les structures sociales et relationnelles, à modifier l’humain.
Spectacles sans objet traite de la reconstitution historique, tant comme pratique personnelle (Louise Hervé & Chloé Maillet ont travaillé avec des personnes et des associations visant à reconstituer certains événements historiques) que comme pratique institutionnelle, dans des musées.

Occidental, Neil Beloufa, 2016

Monteur des directs, Perchman

A l’hôtel Occidental, tout le monde ment. Lorsque le mythomane Antonio prétend passer une nuit dans une suite nuptiale avec son soit disant compagnon Giorgio, Diana, la manager de l’hôtel part en croisade pour démontrer qu’ils vont commettre un crime, convoquant les policiers sans avoir de preuves de leur culpabilité.

Voulant à tout prix cacher ce qu’elle sait d’eux, Diana justifie maladroitement son action par le fait qu’ils seraient magrébins bien plus qu’homosexuels ou italiens, générant ainsi une suite de malentendus, et d’événements tout aussi absurdes et gênants les uns que les autres. Homophobie, racisme, misogynie, menace terroriste, indépendantisme, désaveux politiques, ou manipulations médiatiques. Les malaises de notre époque se déploient sans pouvoir être arrêtés et sans que personne ne comprennent vraiment le fond de l’histoire.

Desire for Data, Neil Beloufa, 2015

Perchman

Au Canada, lors d’une garden party nocturne, la drague va bon train au sein d’un groupe de jeunes adultes ; Dylan et Molly n’ont pas l’air d’avoir totalement surmonté leur rupture, Carly a des vues sur Dylan, Molly séduit Noel pour rendre jaloux son ex ; quant à Michelle, elle reparle avec Charlie de leur égarement d’un soir… Déjà interrompue par des entretiens individuels diurnes au cours desquels chacun envisage son futur proche, la chronique d’une fête ordinaire se voit soudain analysée, triturée, mise en tableau : un groupe de jeunes statisticiens français note les attirances, les signes de séduction et anticipe la probabilité des couples en formation. « Plus ils sont beurrés, plus ça augmente la compatibilité », entend-on dans ce film-dispositif qui ne manque pas d’humour – mais qui pose l’air de rien la question du libre-arbitre : soulignée par la banalité frontale des entretiens, la vie de ces jeunes amateurs de beer-pong serait-elle en effet, presque tragiquement, réductible à des formules mathématiques ? Heureusement, les froids analyseurs semblent aussi, plus discrètement, s’adresser des œillades, nouer peu à peu des complicités tacites qui mettent en abyme leur expérience. Dans les boiseries anciennes de l’amphithéâtre, le « désir de données » masque sans doute aussi les « données du désir » de ces chercheurs qui finiront par décapsuler quelques bières. (Charlotte Garson)

Pacacosmos, Pierre Fischer et Justin Meekel, 2015

Effets spéciaux

Pacacosmos est un film qui tente de tisser des liens entre le banal et le cosmos à travers l’ensemble de la région PACA. C’est une fiction réalisée avec la collaboration des habitants qui s’écrit en même temps qu’elle se tourne, au gré des aventures et des rencontres, en exploitant le potentiel fictionnel du réel.

Le film s’apparente à un road-movie où le héros principal, un être mystérieux venu d’ailleurs, arpente poétiquement le territoire à la recherche des traces du cosmos sur terre. Notre héros, pris dans une quête insolite, confie son destin à la providence et s’en remet aux étoiles.

6×6, Pauline Lecomte et Marine Feuillade, 2015

Chef-opérateur du son

Au départ il y avait une légende. Une voix qui résonnait la nuit autour des feux de camps et sous les tentes, qui parlait d’un homme muré dans une prison de pierre et d’une fille qui dansait dans les flammes. Une légende dont toutes les guides sauf une redoutaient le jugement divin. Qui racontait la tristesse des hommes et la sauvagerie de la jeunesse.

Echo, Anthony Breurec, 2015

Création son, Graphiste

Echo est une plongée théâtrale dans le monde fascinant et méconnu des fans, à travers la rencontre de témoignages véridiques de fans et de textes littéraires et sociologiques touchant de près ou de loin au phénomène.

Entre conférence loufoque et drame intime, Echo nous renvoie à nos propres passions fondatrices, à nos idoles éphémères, à la construction et à l’affirmation de soi.

La langue de Molière, Justin Meekel, 2014

Chef-opérateur du son, Monteur son

Après plusieurs décennies d’école buissonnière, des séniors se retrouvent à Vincennes afin de passer un ultime examen. Cette épreuve ouvrira pour certains, à la manière d’un jugement dernier, les portes du « paradis de l’écriture ». Ce film documente la dictée du Conseil de Séniors 2013 de Vincennes. Au travers le sérieux et la rudesse de l’épreuve, ce film témoigne d’une lutte que les participants mènent afin de parvenir à poser sur le papier l’histoire qui leur est proposée, ou plutôt dictée. Une fable à l’intérieur d’un harem qu’il faudrait pouvoir écrire convenablement afin d’être en mesure de pleinement l’imaginer. Se livre ainsi une bataille entre le langage et ses représentations et l’on ne se bat plus pour libérer une jeune femme prisonnière d’un riche sultan, mais contre les mots eux mêmes qui rendent possible cette captivité. Le passage de l’écriture à la production d’images, d’ordinaire présent au cinéma, semble ici s’inverser, et le cours du film ne découle plus d’une construction du langage (ou d’un scénario) mais tente, par les moyens du cinéma, une dramatisation du langage lui-même.

Spectrographies, Dorothée Smith, 2014

Perchman

Au fil d’une nuit fantastique, un personnage arpente sans fin des avenues froides et nues, des institutions désertes, des non-lieux inhabités, en marche, en quête, solitaire – guettant les apparitions de fantômes venant se glisser dans son sillage. Suspendu aux télé-technologies (téléphone, puce électronique) de l’intime, il semble se nourrir de l’absence d’un être aimé, ailleurs, loin, intouchable, dont l’absence hante sa déambulation.

Un passage d’eau, Louise Hervé et Chloé Maillet, 2014

Perchman, Régisseur

Certaines créatures marines, comme le homard, sont peut-être immortelles. L’homme pourra-t-il, dans le futur, se transformer au lieu de vieillir ?
Hypothèses : au large d’une station balnéaire, des archéologues amateurs plongent sur les sites d’anciens naufrages, et tentent de préserver leurs découvertes subaquatiques des outrages du temps. Dans une ville côtière à peu près semblable, un institut de soin propose aux curistes de profiter des bienfaits de la mer pour rajeunir, tandis que dans d’anciens bains-douches, un mystérieux groupe de retraités a formé un club dont l’objet principal est d’accéder à la vie éternelle.
Mise en scène en plusieurs actes d’une rencontre avec la figure du post-humain.

Trois hommes verts, Valérie Mréjen, 2014

Intervenant

Un enfant endormi rêve que trois extra-terrestres voyagent à bord dʼune soucoupe volante et débarquent sur terre. Émergeant de leur engin spatial, ils découvrent, dans des tiroirs et sur des étagères, des objets de la vie quotidienne dont ils ne connaissent pas lʼusage : des ustensiles, des outils, des aliments… Intéressés, ils cherchent à comprendre à quoi toutes ces choses peuvent servir. Au cours de leurs essais et manipulations, ils se mettent à produire des sons correspondant à des phénomènes bien connus des terriens : le feu, la pluie, le vent… Dans son sommeil, lʼenfant intègre ces bruitages et se projette en rêve dans des situations inattendues, au milieu des objets qui ont changé dʼéchelle. Son rêve animé se réalise sous nos yeux. Les martiens, naturellement télépathes, se rendent bientôt compte de leur pouvoir…

Zone blanche, Gaëlle Cintré, 2014

Monteur son

Souffrant d’un syndrome aigu d’intolérance aux champs électromagnétiques artificiels (SICEM), causé entre autres par les téléphones portables et la Wi-Fi, quatre femmes se voient contraintes de survivre en marge du monde. En pleine montagne, à la recherche de refuges souterrains, le quotidien de ces électro-hypersensibles oscille entre retour à un mode de vie primitif et science-fiction post-apocalyptique. Ne supportant plus la proximité du courant électrique, de batteries ou même de piles, c’est avec une caméra mécanique qu’il a fallu les approcher… Un film sans électricité.

Le point zéro, Axelle Poisson, 2014

Perchman

Dans Le Point zéro, la cinéaste Axelle Poisson part à la rencontre de l’artiste Olivier Mosset. Mosset est le M dans le mouvement BMPT où B est pour Buren. Mais c’est un long chemin que fait le film et une drôle de rencontre. Passant de lieu en lieu et de danseuse en danseuse (dont la classique Marie-Agnès Gillot et la contemporaine Mathilde Monnier), le film avance lentement vers Mosset, à coups de chorégraphies improvisées dans d’étranges espaces rurbains.

Seul le feu, Christophe Pellet, 2013

Perchman

Fin juin à Paris. Mireille accompagne son ami Thomas, un être solitaire et tourmenté, lors d’une promenade au Père Lachaise. Thomas est très agité, inquiet. Il confie à Mireille qu’il souhaite être incinéré en cas de décès.

Septembre. Après une période de vacances, Mireille revient chez elle. Elle et ses amis n’arrivent plus à joindre Thomas. Elle apprend qu’il est mort au mois d’août, seul. Comme il n’a aucune famille, son corps a été inhumé au carré des indigents du nouveau cimetière de Thiais.

Mireille veut honorer les dernières volontés de son ami, mais la loi est stricte : pour exhumer le corps et l’incinérer, les services de la mairie doivent avoir la signature d’un membre de la famille de Thomas. Mireille apprend que Thomas avait un frère cadet, Melchior. Mais le jeune homme, marginalisé, abandonné depuis des années par son frère aîné, refuse de signer le permis d’exhumer. Mireille se rend dans le village ou vit Melchior pour tenter de le convaincre.

Party island, Neil Beloufa, 2012

Perchman

Un bar, sur une île, écho aux mythes et imageries du paradis exotique. Lagon bleu, sable fin : des icônes caractéristiques utilisées par les médias de masse pour représenter ces lieux consacrés à la détente et au plaisir. L’esthétique des soirées qui se déroulent sur ces îles se réfère à un vocabulaire mythologique, ce qui s’y passe est également un savant mélange d’orgie romaine et d’extravagance : une imagerie de la décadence volontaire. Le décor est structuré par des représentations schématiques d’éléments essentiels à cet univers : un jeu d’analogies s’instaure.

La domination du monde, Neil Beloufa, 2012

Perchman

Un jeu de rôle géopolitique où des comédiens non professionnels, divisés en équipes de nationalités différentes, se voient offrir les titres de Président, de Ministre de l’Intérieur, de Chef militaire etc., de pays imaginaires. Vêtus du costume de leurs fonctions, les personnages débattent d’un problème géopolitique fictif et le résolvent en plusieurs manches. Chaque décision prise est transmise aux représentants des autres pays.

Les yeux fermés, Jessica Palud, 2011

Chef-opérateur du son

Après neuf ans d’absence, à la suite d’un grave accident, Pierre retourne dans la maison familiale, à l’âge de 26 ans. Avec l’aide de Claire, jeune infirmière avec qui il s’est lié d’amitié durant ces dernières années et grâce à des rencontres qui ont chacune leurs blessures et leurs joies, Pierre va réapprendre à vivre à travers ses yeux d’enfant…